Cinema For Change 2020

Premier forum professionnel dédié aux contenus audiovisuels à impact avec Pixetik au Ground Control.

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Retour sur une journée rythmée !

Le 7 février 2020, une journée était dédiée aux films et séries à impact positif ! Cet événement faisait partie du festival Le Temps Presse qui met en valeur de jeunes réalisateurs actifs dans un cinéma responsable et de sensibiliser un large public notamment les jeunes aux Objectifs de Développement Durable.

Nous avons été accueilli dans les locaux du Ground Control à Paris, un lieu de vie culturel, indépendant et engagé.

Des conférences ont balayé tous les aspects de la production audiovisuelle à travers ce prisme du “Social Impact Entertainment” ou SIE.
Au programme :

- Une table ronde introductive sur les récits du changement
- Un concours de pitchs documentaires avec un jury prestigieux composé de :
Audrey Dana, présidente du jury, comédienne et réalisatrice,
Christophe Sommet, directeur des chaînes Ushuaïa et Histoire,
Jean-François Camilleri, président d’Echo Studio,
Caroline Safir, directrice générale chez Commune Image,
Pierre-Alexis Chevit, directeur de Cannes Docs, Marché du Film et du Festival de Cannes.

- Quatre quatre tables rondes abordant chacune une étape spécifique de la vie d’un film : à savoir, le scénario, le financement mais aussi la production "impact producer" avec :
Julien Tricard, producteur, Lucien Prod et président de Media Club Green Initiative,
Laurence Lascary, productrice, De l'autre côté du Périph,
Marion Guth, productrice, A_Bahn,
et la diffusion "peut-on être activiste et mainstream" avec :
Etienne Ollagnier, distributeur chez Jour2fête,
Marine Boulanger, directrice chez Médiamétrie,
Julia Schulte, directrice des ventes internationales de france.tv distribution.

Retours sur les deux premières de ces tables-rondes, dont les sujets sont au coeur de l’activité de Pixetik :   

Les nouveaux récits

La conférence “Les bonnes causes font-elles des bonnes histoires ?” sur les nouveaux récits et leur mode d’écriture était modérée par Marc Obéron et rassemblait Fadette Drouard, scénariste, François-Régis Jeanne, réalisateur, Gilles Dufraisse producteur chez InFocus Prod, et Sabine Rosset, directrice de l’association Bloom.

A travers la réalisation du documentaire Watt the fish, son producteur Gilles Dufraisse et Sabine Rosset, directrice de l’association Bloom ont abordé la difficulté de réaliser des films et séries au service de causes. L’équipe de tournage a suivi le combat que l’association a mené pour empêcher la pêche électrique au niveau européen avec l’aide de deux pêcheurs spécialement choisis pour le tournage.  Suite au visionnage du premier montage, l’association Bloom était déçue car le fort soutien qu’elle a apporté aux deux pêcheurs n'apparaissait pas à l’écran. Toute la difficulté réside dans la transmission du message : comment transformer en histoire lisible un combat complexe aux multiples parties prenantes ? De même, ce n’est pas parce qu’un combat est intéressant ou une cause juste qu’ils font toujours de bonnes histoires. Une narration est nécessaire et cette narration demande des fois qu’une vérité complexe soit simplifiée ou occultée. 

Ce n’est pas une fatalité pour Fadette Drouard, qui co-signe le scénario de Papicha. Ce film engagé raconte le combat d’une jeune femme d’Alger pour sa liberté dans un pays où la situation politique et sociale ne cesse de se dégrader. La scénariste insiste sur le fait que la diversité des personnages et des points de vue montrés à l’écran doit être respectée. Un bon film doit contenir un personnage qui lutte contre la cause défendue sans tomber dans l’image d’un personnage militant caricatural, et là est toute la difficulté. Elle “se met dans les baskets” de tous ses personnages pour qu’ils soient impactants. Les “méchants” par exemple sont tout aussi importants que les héros car ils mettent en lumière le protagoniste et la cause qu’il défend. Papicha s’inscrit dans une lignée de films et séries engagés. Ces derniers ont toujours existé plus ou moins explicitement. Les films qui défendent une cause implicitement, en sous-texte peuvent toucher un public plus large. Le film Avatar l’illustre bien. C’est à première vue un film de science-fiction purement divertissant. Il montre cependant que notre planète est précieuse et qu’il faut en prendre soin. En coloniser une autre pour notre survie n’est pas la solution ! Ce message n’est pas revendiqué par les producteurs directement, c’est le spectateur qui le déduit.

Narration, message… et émotions. C’est elles qui font la spécificité de la fiction audiovisuelle et accrochent l’attention des spectateurs. La série d’anticipation britannique Black Mirror joue par exemple sur la sensation de peur. Elle interroge les conséquences inattendues que pourraient avoir les nouvelles technologies dans un futur très proche et la façon dont elles influent sur la nature humaine. Aujourd’hui, de nombreux films et séries catastrophes comme celle-ci angoissent les spectateur.rice.s pour alerter sur les crises environnementales à venir. Il y a par contre un manque de contenus à impact positif qui proposent des solutions et donnent envie aux spectateur.rice.s de se projeter dans un futur durable et désirable, les fameux nouveaux récits. A la fois les spectateur.rice.s et diffuseurs sont en attente de ce type de contenu.

C’est également le constat de Pixetik et la raison pour laquelle elle s’est spécialisée dans le placement de produits et comportements à impact positif. Montrer des solutions à l’écran permet d’accélérer leur adoption par les spectateur.rice.s et ainsi l’avènement d’un monde plus durable. Agir et ne plus seulement dénoncer !


Le financement de ces nouveaux récits

Pixetik favorise donc l’émergence de nouveaux récits en introduisant des solutions dans les fictions en cours de production. Mais elle leur apporte également un complément de financement. C’est à ce titre que Morgane Baudin a participé à la conférence “Les financements innovants de la production SIE” modéré par Yann Marchet
L’accompagnaient :
Frédéric Fiore, président et producteur chez Logical Pictures. Une société de production spécialisée dans les films de genre et qui propose du financement dit de “gap financing”. Le “gap financing” sont les derniers apports qui permettent à une production de boucler son financement.
Olivier Saby et Raphaël Daniel de Impact Film. Ils proposent également un complément de financement en equity pour des films luttant contre les clichés au cinéma et à la télévision et ils favorisent la production et la distribution d’oeuvres (films et séries) qui changent le regard du spectateur sur le monde.
Léo Fremaux, community developer chez Ulule, une plateforme de crowdfunding fondée en 2010. Le crowdfunding, ou financement participatif en français, permet aux citoyens de contribuer aux projets qui leur tiennent à coeur. 


Pixetik a ouvert cette table ronde. Notre entreprise sociale propose du placement de produits et comportements à impact positif grâce auquel les productions obtiennent leurs derniers financements. Cela permet également aux producteurs de questionner l’impact positif de leurs scénarios à l’aune des solutions que Pixetik leur proposent. Pixetik s’inscrit ainsi véritablement dans l’ODD 17, en créant des partenariats pour la réalisation des objectifs de l’ONU pour changer le monde.
 

Le Temps Presse a justement pris le parti de promouvoir les ODDs. Mais comment transposer ce cadre développé par l’ONU qui est abstrait, large et institutionnel au milieu de l’audiovisuel qui souvent ne les connaît pas ?
Chaque film à impact positif devrait-il indiquer quel ODD il aborde ? C’est un choix qu’a fait Ulule sur ces campagnes de crowdfunding, d’ici l’année prochaine, la plateforme affichera clairement les impacts des projets financés. Tout comme les spectateur.rice.s, les crowdfunders défendent de plus en plus les projets à impact positif, dont les films et séries, porteurs de messages engagés. 
Les financeurs ont le pouvoir d’influer sur le scénario d’un film et peuvent ainsi devenir des acteurs clés dans l’émergence des nouveaux récits. De même, Morgane Baudin souligne que les productions engagées, si elles veulent être cohérentes, peuvent rechercher des financements engagés eux-aussi, comme ceux offerts par les intervenants dont Pixetik.

C’était donc la première fois qu’une journée était dédiée en France au SIE, Social Impact Entertainement, un concept américain.
Comment la France, qui a elle aussi une longue tradition de films et documentaires engagés, va-t-elle s’emparer de ce mouvement ? 


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